La Bleusaille

bleusailleQue n’a-t-on pas dit sur la bleusaille et sur les baptêmes ?

« Des irresponsables qui inffligent les pires sévices physiques, sexuels et moraux aux pauvres bleus sans défenses.« 

Ce
genre de réflexions, vous les avez sans doute déjà entendu. Fondées sur les « on-dits« , les « bruits » et les « rumeurs« ; elles sont précisément l’archétype des propos tenus pas nos détracteurs.

Pour remettre les pendules à l’heure et apaiser les esprits, voici de quoi soulever un coin du voile sur nos activités.

Tout d’abord, pourquoi ne pas exposer nos coupables occupations au grand jour ? Pourquoi garder tant de mystères autour de nous ?

Simple ! La bleusaille, c’est un sorte de « grand jeu » qui consiste à faire « peur » aux bleus. Dès lors, dévoiler les secrets du « jeu » reviendrait à raconter l’épilogue d’un triller policier à quelqu’un.

Mais qu’est-ce qui s’y passe, qu’est-ce qu’on y fait ?

En fait, rien de bien terrible. Durant les trois premières semaines de la rentrée, les bleus se rassemblent dans une salle sur le temps de midi et en soirée. Là ils apprennent leurs chants et rendent l’argent qu’ils ont récolté durant la vente de bics et d’autres gadgets. En plus de cela, le soir, ils participent à l’activité du jour : soirée boue (genre « Fort Boyard« , mais en mieux), soirée sketchs (« Les des chiens » en pire), soirée barbecue (on cuit le moins bon vendeur 🙂 ), …etc…

Pendant ces activités, les poils et les plumes (baptisés et baptisées) peuvent « jouir » des bleus en toute liberté, dans les limites de la tradition. Ce qui se résume à leur faire faire toutes sortes d’imbécillités puériles (On est des vrais gamins quoi !). Ceci, toujours sous l’oeil vigilant des togés (comitards) et togées (comitardes).

Le vendredi de la troisième semaine, c’est le Baptême. Le jour suprême de la bleusaille. Celui de la mise à mort des bleus… Un de ces jours lugubre et étrange qu’il n’est pas bon de raconter ici…

Oui, mais on fait manger plein de saletés aux bleus ?

Des saletés madame ? Mon cassoulet WilliamMachin ? Non mais… On voit bien que vous n’y avez jamais goûté… 🙂

Oui, évidement, nos spécialités maison n’ont pas encore reçu de médailles à la foire au boudin d’Outsiplou, mais cela ne saurait tarder… Reste juste à trouver le judicieux équilibre entre le Wiskas, le Pédigré Pal et le Shéba (Rien que des bonnes choses !).

Durant ces soirées, les bleus et les bleuses subissent des atrocités et des violences à caractères sexuels ?

Bien sûr, c’est ainsi que nos togés, issus pour la plus part du milieu roumain de la prostitution, recrutent parmi nos bleuses (toutes pulpeuses et attirantes), les futures « aguicheuses » pour les vitrines des quartiers chauds nords-bruxellois.

Si je fais ma bleusaille, je vais rater mon année ?

Oui, évidement, c’est notre but ! Créer une bande de pochetrons, futurs SDF. D’ailleurs, en dehors des guindailles, on se drogue, on deal et on se prostitue tous dans le quartier de la gare, histoire de pouvoir payer nos prochaines guinsses.

Non, mais, sérieusement… Après cette « pénible » période seulement, tu prendras conscience de combien on t’aimais et on t’aime encore. Combien il fut dur pour nous d’hurler sur ta petite personne fragile et sensible. Tu portera, en plus de ta penne (grande casquette aux vertus bénéfiques), un surnom ridicule, que tout le monde scandera sur ton passage. Et là, oh miracle, une parole, un geste, et hops tous se retrouveront chez toi pour t’aider dans ta charrette (*). Un autre geste et ce sont les résumés, les questions types d’examens et tous les tuyaux qui te tomberont du ciel.

Puis, viendront les guindailles, ces merveilleuses soirées à l’ambiance typique et aux charmes pittoresques…

Bref, une expérience formidable et inoubliable…

* Charrette: N.F. – Période qui précède un projet, durant laquelle l’étudiant s’adonne pleinement à sa tâche, se nourrit de pizzas, de pâtes, de pâtes, de pâtes et de… et s’abreuve de grandes quantités de café, de Red Bull et autres boissons « énergétiques ». Le Gros Bert Illustré

Joe Dassin.