Le Folklore estudiantin belge

Le folklore estudiantin est une ensemble de rites et traditions festifs, fraternels, bibitifs, initiatiques se déroulant parmi les étudiants de l’enseignement supérieur et universitaire en Belgique. Ceux-ci varient selon les campus, le type d’école… Plusieurs de ces traditions sont centenaires (calotte, penne…), d’autres sont plus modernes.

Existant depuis longtemps afin de regrouper les étudiants selon des critères communs, les cercles, ordres et régionales sont au centre des activités estudiantines.

Un cercle est une association rassemblant des étudiants issus d’une même faculté. Une régionale est une association rassemblant des étudiants issus de la même région (province, ville, pays…). Un Ordre est une association d’étudiant plus spécifique rassemblant des étudiants autour de certains aspects particuliers du folklore ou des traditions belges.

La toge et le tablier

 toge

L’origine des parures estudiantines remonte aux années 30, époque où une querelle opposait deux facultés, celles de médecine et de droit. Pour se moquer des juriste, les carabins entraînèrent dans leurs beuveries le symbole de leurs ennemis: la toge. Les juristes les imitèrent ensuite en portant le tablier, tenue professionnelle des médecins. Par la suite, ces deux habits devinrent les vêtements de guindaille de l’étudiant baptisé ou non. Ce n’est qu’à la renaissance, début 80, des comités de baptême sous leur forme actuelle que le port de l’un ou de l’autre fut réglementé. Aujourd’hui, seuls les étudiants membres d’un comité des fêtes, de baptême universitaire ou de l’enseignement supérieur de type long ont le droit de porter la toge. La cape est quant à elle, portée par les membres des comités régionaux. Pour le tablier, il n’existe aucune règle. Bon nombre d’étudiants le portent donc lors de leurs sorties bibitives.

La penne

penne

 

Elle est apparue vers 1850 à l’ULB, comme signe d’indépendance de l’étudiant par rapport à ses parents bourgeois. La casquette étant, à cette époque, l’emblème des gens du peuple. Dès mars 1860, la « casquette étroite en drap avec petite visière en toile cirée » semble être le couvre-chef de l’étudiant liégeois. A son apparition, elle est de couleur verte, couleur de l’université de Liège, indépendamment de l’appartenance facultaire. L’étudiant se coiffe d’une casquette pour diverses raisons. Il faut tout d’abord y voir un phénomène de mode. Au 19ème siècle et par la suite encore, il est habituel de se couvrir la tête ce qui « normalise » le choix d’un couvre-chef.
Ce qui est surprenant, c’est le type de coiffure retenu par les étudiants. Il y a un concours de plusieurs influences et non par une justification unique: l’esprit frondeur de l’étudiant lui fait probablement opter pour un couvre-chef différent de celui traditionnellement porté par les bourgeois (chapeau boule, haut de forme, etc..), classe dont les étudiants sont pourtant en majorité issue. L’imitation de la coiffe estudiantine allemande doit également jouer un rôle ; il est toutefois difficile d’évaluer l’importance de ce facteur.

Enfin la casquette, même d’un modèle ou d’un style différent, est la coiffure « à la mode » à l’époque romantique. Ces circonstances donnent naissance à un couvre-chef bien particulier : celui de l’étudiant qui rapidement va être personnalisé par l’ajout d’insignes.
Vers la fin des années 1880, les couleurs de la casquettes vont se diversifier : le vert sera la couleur des étudiants en médecine, le blanc des juristes et des philosophes ; enfin, le noir ou le bleu, celle des étudiants des Mines. La visière va progressivement s’allonger pour atteindre les dimensions actuelles dès les années 70. On ignore presque tous les raisons qui ont amené à ces changements (la penne ayant été créée en opposition à la calotte, la longue visière de cette casquette sert à protéger nos yeux du regard de Dieu).

Dés la fin du 19ème siècle, la casquette est nommée « crapuleuse ». Ce terme fait place à l’appellation « penne » peu après 1918, mot d’origine wallonne signifiant « visière ». De nos jours, seuls les étudiants baptisés la portent, dotée d’insignes et d’un ruban symbolisant la personnalité et les études.

 

Mais au final, qu’importe le bout de tissu, pourvu qu’on ait l’ivresse.